Prix Acier | Prix Acier 2011

Le Centre suisse de la construction métallique SZS a, pour la quatrième fois, mis au concours le Prix suisse de la construction métallique Prix Acier, attribué tous les deux ans à des ouvrages remarquables. Le but est de promouvoir les compétences dans le domaine de la construction métallique en Suisse, et de sensibiliser le public et les professionnels au potentiel technique et à la puissance expressive de l’acier.

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Jury

Pour l’édition 2011, une trentaine de projets ont été remis. Le jury, composé de professionnels reconnus, a décerné le Prix Acier 2011 à troi projets et attribué une mention à huit ouvrages. L’ordre d’énumération des projets ne représente pas un classement.

Peter Berger

Dipl. Arch. ETH, Theo Hotz AG, Zürich; et professeur à la BFH

Stefan Camenzind

Dipl. Arch. HTL SIA, Camenzind Evolution

 

Mario Fontana

Prof. Dr. dipl. Ing. ETH, IBK ETH Zürich

Beat Jordi

Dipl. Arch. ETH BSA SIA, ADP Architekten, Zürich

 

 

Inès Lamunière

Dipl. Arch. ETH SIA, professeur et directrice ENAC, Lausanne

Evelyn C. Frisch

Dipl. Arch. ETH, ancienne directrice du Centre suisse de la construction métallique SZS

Daniel Meyer

Dipl. Ing. ETH SIA SWB, Dr. Lüchinger + Meyer AG Zürich, professeur à la ZHAW

Christoph Gemperle

Dipl. Ing. ETH, Huber + Gemperle, Wil; et professeur à la ZHAW, Winterthur

Distinctions

Pont du Langansand, Lucerne

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Ville de Lucerne /Office du génie civil et CFF SA
Architectes:       Brauen & Wälchli Sàrl, Lausanne
Ingénieurs:       INGENI SA (ehem. Guscetti & Tournier SA), Carouge
Direction des travaux:       PMP Plüss & Meyer Partner, Lucerne
Construction métallique:       Zwahlen & Mayr SA, Aigle
Entrepreneur général:       Brun AG, Emmenbrücke
Achèvement des travaux:       2010
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur (Photographie: Yves André)

Le pont du Langensand, à Lucerne, passe au-dessus des voies de la gare centrale et relie le centre-ville au quartier de Tribschen, au niveau d’un carrefour très fréquenté. Il remplace un pont en béton obsolète datant de 1938 qui ne répondait plus aux besoins croissants en matière de circulation routière et ferroviaire.

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Le pont est emprunté quotidiennement par plus de 20 000 voitures et 1150 bus. En outre, 1200 trains passent chaque jour sous ses travées. Autant dire que le maintien de la circulation pendant la phase des travaux a constitué un véritable défi.

Le nouveau pont traverse la voie ferrée de 80 mètres de large sans aucun pilier et forme une élégante courbe légèrement arquée. Le la structure se compose de deux caissons en acier patinable et d’un tablier en béton formant un système mixte. Les pistes pour piétons et cyclistes sont aménagées de part et d’autre et sont soudées aux caissons. Leur galbe est nettement moins prononcé que celui de la chaussée centrale dévolue aux automobiles. Elles enjambent la voie ferrée tels des flancs protecteurs dessinant une légère courbe avec les poutres principales.

Le pont composite affichant un élancement audacieux de 1:35, les fondations composées de pieux forés en flottaison dans un terrain qui présente des risques d’affaissement, le montage du pont qui enjambe des voies ferrées continuellement fréquentées, de même que la durée relativement courte des travaux et le maintien de la circulation, sont autant de difficultés qu’a dû surmonter l’équipe du projet. La construction du pont s’est faite en deux étapes, pendant chacune desquelles une moitié respective de pont a été réalisée par poussage en cadence jusqu’à ce qu’il ait atteint son emplacement définitif.

Ce projet se caractérise par une structure portante judicieuse et complexe, par sa sobriété autant que par son élégance et par son intégration bien pensée au paysage urbain. Il illustre parfaitement le potentiel, trop peu exploité à ce jour, des ponts à poutres en acier qui satisfont aisément aux exigences hautement complexes de mobilité.

Couverture de protection, Abbaye de Saint-Maurice

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Abbaye de St-Maurice, St-Maurice
Architectes:       savioz fabrizzi architectes, Sion
Ingénieurs:       Alpatec SA, Martigny
Construction métallique:       Zwahlen & Mayr SA, Aigle
Achèvement des travaux:       2010
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur (Photographie: Thomas Jantscher)

L’abbaye de Saint-Maurice a vraisemblablement été construite au IVe siècle, au pied d’une paroi rocheuse escarpée censée initialement offrir sa protection à l’ouvrage. Celle-ci s’avérera néanmoins plus dangereuse que protectrice en raison des éboulis et de l’eau qui endommagèrent régulièrement l’abbaye.

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En 1611, par exemple, une chute de pierres a motivé la décision de déplacer l’abbaye et, en 1942, un glissement de terrain a détruit le clocher et une partie de la nef. Les fouilles récemment menées au pied de la paroi ont mis au jour d’importants vestiges. On reconnaît parfaitement les murs de fondation des deux basiliques des IVe et XIe siècles. C’est pourquoi il a été décidé de rendre ces trouvailles accessibles au public et de recouvrir le site d’une couverture de protection.

Une toiture légère, semi-transparente, laisse subtilement apparaître le génie des lieux et l’histoire du site : 170 tonnes de pierre flottent, telle une voute céleste, au-dessus de ce lieu et rappellent le danger permanent auquel il est exposé. La toiture confère à l’intérieur une atmosphère de calme, presque de recueillement. La couverture semi-transparente filtre la lumière, produisant ainsi un éclairage diffus et homogène qui instaure le dialogue entre le mur escarpé et la façade de pierre de l’abbaye.

Avec des moyens d’une simplicité raffinée, mais d’une grande clarté a été réalisée ici une structure qui protège des chutes de pierres et qui revalorise la dimension spirituelle et historique des lieux. Tant par les techniques de construction utilisées que par sa formulation architecturale, la couverture remplit de manière optimale la fonction à laquelle elle est vouée. Elle est le témoignage d’une maîtrise créatrice des matériaux et de la joie que l’on peut ressentir à obtenir, avec des moyens relativement modestes, des résultats subtilement appropriés et, donc, enthousiasmants.

Actelion Business Center, Allschwil

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Actelion Pharmaceuticals Ltd., Allschwil
Architectes:       ARGE Herzog & de Meuron AG / Proplaning AG, Basel
Planification de la structure porteuse:       WGG Schnetzer Puskas Ingenieure AG, Bâle
Construction métallique:       Winterhalter Stahlbau GmbH, Freiburg im Breisgau (D)
Achèvement des travaux:       2010
(Photographie: Actelion Pharmaceutics Ltd.)

L’aspect architectural spectaculaire du nouveau bâtiment de l’entreprise pharmaceutique Actelion exprime la volonté de la multinationale d’affirmer son identité et constitue également une réponse osée à la manière d’occuper l’espace d’une parcelle constructible dans un cadre urbain périphérique.

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Le bâtiment est composé de corps empilés indépendants les uns des autres d’un point de vue constructif, occupant l’espace avec précision mais sans aucune contrainte. De la superposition irrégulière des blocs formant les étages, il résulte, à l’intérieur et en périphérie, une grande diversité d’espaces négatifs. Toutefois le volume global côté rue reprend la forme d’un bloc urbain. Observée dans le détail, la structure porteuse, en soi relativement simple et constituée de treillis et de poutres Vierendeel, forme un ensemble complexe mais globalement robuste. Étant donné l’empilement en décalage, les zones d’appui peuvent être étayées à d’autres endroits grâce à l’action des treillis. La pose en diagonale des poutres permet également de supporter des charges horizontales sans qu’il n’y ait besoin de poser des noyaux rigidifiants. L’équilibre largement galvaudé entre les surfaces utiles et l’enveloppe du bâtiment laisse craindre une efficacité énergétique qui ne devrait rien avoir d’exemplaire, mais la diversité et la flexibilité des espaces offerts attestent de l’aspect durable du bâtiment.

Le principe élémentaire de l’empilement des blocs donne naissance à une structure spatiale variée, stratifiée et différenciée. Les saillies et les travées en partie audacieuses relèvent d’un exploit non seulement technique, mais aussi architectural rendu possible par le choix de l’acier comme matériau de construction. Tout aussi spectaculaires et époustouflantes que puissent être les photographies du bâtiment et sa structure au premier abord, il n’en livre pas moins une impression d’équilibre et de calme, voire de modestie dans la réalité. Il est un nouveau prodige de la construction métallique, il suscite la fascination face à un projet devenu réalité et témoigne de l’audace dont on peut faire preuve dans la construction métallique.

Mentions

Centre sportif de l’Esplanade, Bienne

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Ville de Bienne, office du génie civil
Architectes:       GXM Architekten, Zürich
Ingénieurs:       Dr. Deuring + Oeninger AG, Winterthur
Construction métallique:       Jakem AG, Münchwilen
Achèvement des travaux:       2009
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur. (Photographie: Yves André)

Véritable centre de gravité urbain, le complexe sportif de « l’Esplanade » a été construit sur un site artisanal classé monument historique. Une ample structure métallique recouvre le hall intérieur tout en lui apportant lumière et légèreté.

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La forme et les détails de l’imposant volume de la triple salle de gymnastique ont repris comme source d’inspiration des thèmes liés au caractère industriel des lieux pour les réinterpréter jusqu’à obtenir un bâtiment original aux accents forts. Une impressionnante toiture en sheds recouverte de tôles d’aluminium s’étire au-dessus d’un socle massif, marquant une saillie qui surplombe le vaste hall d’entrée desservi par un escalier en cascade.

Une étroite bande vitrée horizontale crée une rupture entre la base massive et l’enveloppe du toit. Sur ce socle en béton repose la structure métallique qui forme une coiffe laissant passer la lumière du jour. Neuf versants vitrés permettent une incidence régulière de la lumière et protègent contre l’éblouissement. À l’intérieur du gymnase, la charpente métallique apparente du toit à redents constitue l’élément dominant. Des poutres à treillis s’étirent de part en part au-dessus du gymnase. Les poutres de près de 35 mètres de long reposent, d’un côté, sur les piliers de façade et, de l’autre, sur les lames de béton parallèles à la paroi arrière des tribunes. Des conduites d’aération et des éclairages ont été soigneusement intégrés à la charpente et aux tôles trapézoïdales. Le gymnase est conforme aux standards Minergie.

Le plancher du foyer aménagé à l’étage est suspendu et construit en porte-à-faux sur près de huit mètres. Il consiste en une dalle mixte en béton armé avec profils Holorib et permet une exploitation sans piliers de la caserne des pompiers se trouvant en dessous.

L’ouvrage se distingue par ses formes limpides et une construction sans fioriture. Dans ce contexte et en référence à la construction industrielle, on comprend aisément son caractère urbain pragmatique et son empreinte formelle. C’est pourquoi ce projet mérite qu’on lui rende hommage.

Musée des cultures, Bâle

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Stiftung zur Förderung des Museums der Kulturen, Bâle
Architectes:       Herzog & de Meuron, Bâle / Proplaning AG, Bâle
Ingénieurs:       ZPF Ingenieure AG, Bâle
Construction métallique:       Preiswerk + Esser AG Bâle, Pratteln
Achèvement des travaux:       2011
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur (Photographie: zpf Ingenieure AG)

Le Musée des cultures de Bâle est le plus ancien musée ethnologique d’Europe et le plus grand de Suisse. Dès 1849, en effet, il accueille la collection sur l’Amérique précolombienne réunie par le négociant bâlois Lukas Vischer.

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Le musée abrite depuis lors, et grâce à des dons, des collections ethnologiques qui comptent parmi les plus prestigieuses d’Europe. Dès 1917, les architectes Vischer & Söhne ont entrepris une extension du musée côté cour, extension à laquelle ont succédé de nombreux travaux. Le projet des architectes Herzog & de Meuron prévoyait une rénovation et une réorganisation spatiale fondamentales du musée. L’élément le plus singulier de ce projet réside dans l’extension de la toiture, une structure plissée qui s’intègre de manière prégnante au milieu des toitures de la Vielle Ville de Bâle. Elle a permis de créer une nouvelle salle d’exposition spacieuse, à l’agencement complexe.

La charpente s’avance en porte-à-faux au-dessus de la cour d’entrée. Partant de la toiture, un rideau végétal florissant et de plusieurs épaisseurs enveloppe la façade. Le nouveau toit, recouvert de tuiles vertes hexagonales, dessine des plis irréguliers. Cette structure légère consiste en un treillis plissé qui ne nécessite aucun pilier. Une nouvelle dalle mixte à double couche fait office d’unité statique pour les poutres tridimensionnelles. De nouveaux combles ont pour ainsi dire été posés sur les murs existants.

Ce changement n’est pas perceptible pour les visiteurs ; en effet, l’ouvrage plissé remplit ses fonctions, discrètement camouflé derrière son habillage. Nous avons là une illustration parfaite du potentiel de l’acier dans la réalisation de géométries légères et complexes, tout particulièrement dans un environnement urbain où la légèreté de la structure et un mode de construction sans émissions présentent des avantages indéniables.

Showroom Mercedes-Benz, Parc Saint-Jacques, Bâle

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Kestenholz Bâle AG / Balintra AG / Coopérative du parc Saint-Jacques, Bâle
Architectes:       Herzog & de Meuron Architekten AG, Bâle
Ingénieurs:       WGG Schnetzer Puskas Ingenieure AG, Bâle
Construction métallique:       H. Wetter AG, Stetten
Achèvement des travaux:       2008
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur. (Photographie: Duccio Malagamba).

Le parc Saint-Jacques est un quartier du Sud de Bâle entièrement réaménagé selon la planification des architectes Herzog & de Meuron. Outre le stade bien connu, la tour Saint-Jacques à l’architecture emblématique caractérise le panorama.

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Des terrasses, des plans inclinés et des paysages en gradins relient l’intérieur et l’extérieur en un espace cohérent et vivant qui trouve son apogée dans la tour. Le show-room Mercedes-Benz se lit comme un espace urbain qui s’ouvre vers la rue pour une utilisation transparente. Les plafonds et les murs ont été développés à partir de la topographie de la plateforme, si bien qu’ils constituent une ossature plissée. Le show-room proprement dit se déroule de ce fait sur une rampe à plusieurs pliures qui se prolonge dans tout l’espace.

La structure obéit à l’intention architecturale. Les plafonds plissés sont réalisés à partir de triangles et de losanges qui sont assemblés le long de leurs arêtes taillées en biseau. De concert avec une dalle mixte, il en résulte une ossature plissée stable ne nécessitant que peu de points d’appui. La stabilisation de la toiture, qui se compose au total de dix triangles, est garantie par l’effet de contreventement des tôles et par l’assemblage rigide au cisaillement des poutres de rive.

Vu son utilisation commerciale, le projet est d’une qualité architecturale exceptionnelle qui s’explique par sa signification créatrice d’espace dans le cadre du projet global de Saint-Jacques. Il est intéressant que l’on ait utilisé une structure métallique pour un volume et une forme qui, par leur plasticité, auraient suggéré l’utilisation du béton. L’espace ouvert et les vastes portées révèlent cependant sans ambigüité qu’ici, seul l’acier peut être utilisé comme élément porteur.

Rolex Learning Center, EPF Lausanne

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL)
Architectes:       SANAA, Tokyo, Japan / Architram SA, Renens
Ingénieurs:       Groupement B+G Ingenieure Bollinger & Grohmann, Frankfurt a. M.; Walther Mory Maier Bauingenieure AG, Münchenstein
Construction métallique:       Sottas SA, Bulle
Construction en bois:       Ducret-Orges SA, Orges
Entreprise générale:       Losinger Constructions SA, Lausanne
Achèvement des travaux:       2010
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur. (Photographies: Christian Richters).

Le Rolex Learning Center de l’EPF de Lausanne s’est posé tel un tapis volant sur le campus du bord du lac Léman. Ce bâtiment paysager de 20 000 mètres carrés offre un vaste espace destiné à l’échange de connaissances et propice à une atmosphère studieuse.

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Sa surface légèrement ondulée forme des collines et est constituée de deux coques entre lesquelles l’espace «s’épanche» librement. La structure métallique légère et aérienne qui repose sur de minces poteaux semble flotter au-dessus de la coque inférieure, en béton armé. Au total, quatorze patios de forme organique ont été découpés dans les coques, créant un décor diversifié à l’intérieur comme à l’extérieur.

Il n’existait aucune référence pour la réalisation de cet ouvrage à grande échelle développé par des architectes japonais. La structure porteuse est le fruit d’une conception innovante mise au point par une équipe interdisciplinaire d’ingénieurs et d’experts de terrain qui se sont efforcés de trouver de nouvelles solutions aussi bien pour la coque en béton que pour la structure légère et ondulée en acier et bois. Afin de reproduire avec fluidité le mouvement des coques, les poutres principales en acier n’ont pas été cintrées, mais se composent de profilés segmentés. La structure secondaire est formée de pannes en bois lamellé-collé, capables de s’adapter parfaitement à la courbure. L’ondulation supérieure est donc une construction mixte répondant de façon optimale aux exigences requises. En dépit de ses larges façades, le bâtiment satisfait aux critères de construction durable et au standard Minergie.

Ce projet atteste de la puissance d’innovation des techniques de construction mixte développées en faveur d’une architecture créative. Les coûts mis en jeu seraient difficiles à justifier sans le prestige dont jouit l’ouvrage. La réalisation de cette structure complexe témoigne des compétences élevées des bureaux de conception et des entrepreneurs impliqués ainsi que de la soif d’expérimentation de cette école polytechnique qui explore également les limites du possible dans le secteur de la construction.

Bâtiment scolaire OFSPO, Macolin

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Office fédéral des constructions et de la logistique, Berne
Architectes:       spaceshop Architekten, Biel
Ingénieurs:       Tschopp Ingenieure, Bern
Planification de la façade:       Sutter + Weidner, Biel
Construction métallique:       Casaulta & Klos, Bern; Scheidegger Metallbau AG, Kirchberg
Achèvement des travaux:       2010
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur. (Photographies: spaceshop Architekten, photo à gauche; Yves André, photo à droite)

L’Office fédéral du sport qui se trouve à Macolin surplombe le lac de Bienne. Fondé en 1944, il abrite aujourd’hui également, outre ses services administratifs, un centre de formation et d’accueil de jour, de multiples installations sportives, des ateliers et un hôtel.

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Le bâtiment principal a été édifié en 1970 par l’architecte biennois Max Schlup, l’un des acteurs de l’architecture du pied sud du Jura. A l’époque, cet édifice faisait figure de modèle en matière de construction métallique moderne, digne représentant de l’école de Soleure dont les réalisations structurelles en série jouissaient d’une notoriété dépassant largement les frontières de la Suisse.

La rénovation prévue comprend la création d’un nombre accru de postes de travail, la modernisation des installations techniques, l’adaptation de l’enveloppe du bâtiment aux exigences de construction et aux critères d’efficacité énergétique ainsi qu’une déconstruction minutieuse visant à agrandir l’espace de la structure d’origine. Les concepteurs chargés de cette mission ont ainsi conservé le plus grand nombre d’éléments possible afin de les réutiliser dans leur fonction première. En excellent état, la structure en acier répondait aux exigences de sécurité parasismique sans pratiquement aucune transformation supplémentaire. Les interventions nécessaires ont été menées en s’appuyant sur une systématique et un langage architectural inspirés de l’ouvrage initial. Les innovations telles que le hall central et les parois de séparation vitrées se démarquent subtilement de la structure préexistante grâce au traitement monochrome administré à l’ensemble des surfaces et à un jeu de détails filigranes.

La rénovation de cette structure en acier est l’illustration même d’un exercice d’équilibriste réussi entre préservation du bâti et réalisation contemporaine. Elle rend hommage à la qualité d’une architecture qui n’a rien perdu de sa modernité en dépit de l’incompréhension dont elle a souvent souffert ces dernières décennies. La conservation et la revalorisation de l’ancien bâtiment sont des éléments essentiels contribuant à un mode de construction économe en ressources. Le prix décerné récompense par conséquent une rénovation respectueuse et experte ainsi que l’œuvre des premiers concepteurs de cet édifice qui, sur le fond, continue à séduire de nos jours.

Auditoire Weichenbauhalle, Berne

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Canton de Berne, Direction de la construction, du trafic et de l’énergie et Office des immeubles et des constructions, Berne
Architectes:       Giuliani.Hönger Architekten ETH BSA SIA, Zürich
Ingénieurs:       Dr. Schwartz Consulting AG, Zug
Construction métallique:       Paul Gysin Stahl- und Apparatebau AG, Böckten; Preiswerk + Esser AG, Pratteln
Achèvement des travaux:       2010
Ces photographies peuvent être téléchargées gratuitement et utilisées pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur (Photographies: Karin Gauch, Fabien Schwartz)

Construite en 1914 par l’entreprise vonRoll, la «Weichenbauhalle» a été affectée, durant plusieurs décennies, à la fabrication d’aiguillages pour voies ferrées. Elle représente le cœur du site industriel vonRoll de Berne qui, dans les années à venir, fera progressivement peau neuve pour devenir un campus consacré aux sciences humaines.

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Pièce maîtresse du complexe, la «Weichenbauhalle» a été reconvertie en un bâtiment doté de 7 auditoires d’un total de 1500 places. La restructuration devait tenir compte de contraintes en matière de protection du patrimoine et préserver ainsi, dans son intégralité, la structure d’origine en acier. Deux corps d’auditoires ont été intégrés dans la halle selon le principe de la «maison dans la maison»: cette option a permis de conserver la façade filigrane en acier et d’utiliser les zones intermédiaires pour le foyer et les espaces de circulation. Le bâtiment satisfait ainsi au standard énergétique Minergie ECO.

Les dimensions d’origine de la halle sont perceptibles grâce aux différentes ouvertures ainsi qu’aux rapports des espaces entre eux. L’ancien système porteur en acier des façades et de la toiture présente une structure filigrane accentuée, tandis qu’à l’intérieur, les poteaux conçus pour le transport des voies ferrées en fonte sont nettement plus massifs. On a donc pu également recycler ces derniers pour la statique des nouveaux auditoires en construction bois. Les fermes ont été renforcées par de nouveaux profilés et, dans le grand auditoire, deux poteaux ont été remplacés par une structure de sous-contrainte. Toutes les pièces de renforcement ont été fixées par serrage de sorte que l’on pourrait envisager un démontage complet de l’ouvrage. L’aspect filigrane de la construction marque aujourd’hui encore son esthétique générale.

Le soin déployé pour préserver la structure porteuse du bâtiment et la revalorisation de cet élément de modelage de l’espace ont été salués. Le projet démontre qu’un ouvrage en acier peut être affecté à différents usages à travers les époques sans rien perdre de ses propriétés fonctionnelles et esthétiques, même quand les exigences en termes d’espace sont élevées. Le Prix suisse de la construction métallique Prix Acier vient ainsi récompenser à juste titre cette reconversion.

Gleisbogenbrücke, Zürich West

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Ville de Zurich
Architectes:       huggenbergerfries Architekten AG, Zürich
Ingénieurs:       Aerni + Aerni Ingenieure AG, Zürich
Construction métallique:       Baltensperger AG, Höri
Achèvement des travaux:       2010
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur. (Photographie: Gabriel Baumann)

La zone urbaine de Zurich-Ouest fait sa mue: de site industriel, elle se transforme en une cité urbaine émaillée de bâtiments qui ne passent pas inaperçus, tels la Prime-Tower ou l’immeuble de grande hauteur Mobimo. L’horizon de la rue et de la ville est désormais marqué par un pont doucement arqué.

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Avec la ligne courbe de son tablier, cette passerelle, à la fois espace piétonnier et piste cyclable, se dresse comme une porte d’entrée dans la ville: elle devient de la sorte un point de repère urbanistique perceptible à un carrefour très fréquenté.

La passerelle s’inscrit dans une artère verte qui longe l’ancienne voie ferrée, un secteur qui, transformé en espace de détente pour le quartier résidentiel de Pfingstweid récemment sorti de terre, trace un arc ample aboutissant à la gare. Visible sur la face intérieure du parapet du pont et des rampes, sur l’intrados du tablier et sur le revêtement des chemins d’accès, la couleur rouge sert de fil conducteur. La passerelle est composée de deux rampes ascendantes et d’un pont articulé en deux arcs opposés à tablier suspendu. Sans appui intermédiaire, ce dernier a une portée de 57 mètres à 5 mètres de hauteur. Les faces latérales de l’arc s’élargissent aux pieds ce qui a permis d’intégrer des escaliers sur les deux côtés. L’ensemble de l’ouvrage et les volées des escaliers sont en acier.

La forme expressive de cette passerelle rappelle l’ébauche du pont sur le Bosphore, esquissée par Léonard de Vinci. Cette analogie a beau sembler présomptueuse, il n’en reste pas moins que la douce ligne courbe caractéristique qui passe par-dessus cet axe très fréquenté menant à l’autoroute apporte une touche bienfaisante appropriée qui clarifie le paysage urbain. Le Gleisbogenbrücke atteste de l’impact important, dans l’espace, des constructions à poutre-caisson en acier. La mise en œuvre systématique du matériau acier (rampes et escaliers inclus) ainsi que le soin apporté aux détails se voient récompenser d’un prix bien mérité. Ce projet illustre en effet toutes les ressources de l’acier en matière de réalisations urbanistiques marquantes.

Passerelle Pratocarasso – Galbisio, Bellinzona

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Città di Bellinzona, Servizi Urbani Comunali, Bellinzona
Architectes:       Ambrosetti Mozzetti Siano Architetti, Bellinzona
Ingénieurs:       Spataro Petoud Partner SA, Bellinzona
Construction métallique:       Officine Ghidoni SA – Ferriere Cattaneo SA, Riazzino
Achèvement des travaux:       2010
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée pour des articles liés au Prix Acier moyennant mention du titulaire du droit d’auteur. (Photographie: Franco Mattei)

Enjambant la rivière Tessin, la nouvelle passerelle réunit les deux quartiers de Galbisio et Pratocarasso à Bellinzone. Elle permet de désenclaver les récentes zones résidentielles et écoles du nord de la ville, d’encourager la circulation non-motorisée et de mettre en valeur l’aspect loisirs et détente des abords de la rivière.

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Formant une ligne nette et tirée au cordeau entre les digues de part et d’autre du Tessin, le pont affiche une allure citadine tout en tenant compte, du fait de son orientation, du paysage et des conditions météorologiques dont un fort vent du nord. Une simple et unique poutre enjambe le large cours d’eau. Sa couleur éclatante d’un rouge vif brouille les échelles: la passerelle a tout d’une baguette de mikado que les géants de la montagne auraient laissée ici de manière fortuite après avoir joué. La poutre principale de quelque 160 mètres de long a la forme d’un caisson fermé sur pieds. Perpendiculaire à elle, le tablier, délimité par un garde-corps arrondi, est en porte-à-faux sur l’un des côtés. Le chemin, protégé de la sorte du vent du nord qui souffle avec force, ouvre la perspective sur un décor de graviers en direction du sud. La nuit aussi, effet garanti: le passant franchit la rivière à la lueur d’un éclairage LED.

La composition asymétrique évoque une œuvre de Mondrian: la linéarité radicale de la poutre est accentuée encore d’un cran par des piles sobres, réduites à leur plus simple expression, notamment aux points d’appui. Si, dans un premier temps, il se lit comme un «trait dans le paysage», l’ouvrage met bas les masques quand le regard se fait plus attentif: cette intervention différenciée d’une simplicité totale relève de l’art minimaliste. Le prix est donc attribué à la passerelle Pratocarasso-Galbisio où l’acier a apporté une contribution majeure.

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Exposition itinérante Prix Acier 2011

L’ exposition présente les 11 projets qui ont fait l’objet d’un prix ou d’une mention dans le cadre du Prix Acier 2011 ainsi que le projet lauréat suisse de l’European Steel Design Award 2011, dans une mise en scène passionnante.

Les projets sont documentés sur 12 stèles volumineuses en tôle d’acier brut. Elles émergent d’un caillebotis, également en acier non traité, posé sur le sol, qui les dote d’une unité spatiale et que les visiteurs expérimentent physiquement. Des plans détaillés et des explications illustrent les particularités constructives et esthétiques des ouvrages de même que la compétence des entreprises concernées. Des détails de grand format captent l’attention des visiteurs et soulignent le rôle central du matériau acier.

L’exposition a été conçue et réalisée en collaboration avec l’Institut d’histoire et de théorie de l’architecture de l’EPFZ.

Photos: Heidi Arens

European Steel Design Award

Le jury a nominé un autre projet pour le European Steel Design Award, décerné tous les deux ans, par pays, par la Convention européenne de la construction métallique (CECM). Le European Steel Design Award 2011 a été attribué au bâtiment scolaire de Leutschenbach à Zurich, qui avait déjà été récompensé par le Prix Acier en 2009.
 

Lauréat 2011: Bâtiment scolaire Leutschenbach, Zurich

Partenaires

Maître d’ouvrage:       Stadt Zürich, Immobilienbewirtschaftung und Schul- und Sportdepartement, vertreten durch Amt für Hochbauten
Architectes:       Christian Kerez, Zürich in Zusammenarbeit mit BGS & Partner Architekten AG, Rapperswil
Ingénieurs:       Dr. Schwartz Consulting AG, Zug in Zusammenarbeit mit dsp Ingenieure & Planer AG, Greifensee
Construction métallique:       Zwahlen & Mayr SA, Glattbrugg
Achèvement des travaux:       2009
Cette photographie peut être téléchargée gratuitement et utilisée moyennant mention du titulaire du droit d’auteur (Photographie: Dario Pfammatter, Architekturbüro Christian Kerez).

Le bâtiment scolaire Leutschenbach compte parmi les constructions métalliques les plus ambitieuses de Suisse. Il constitue une expérience aussi bien en ce qui concerne la typologie de l’école que sa structure porteuse inhabituelle.

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L’édifice se dresse au milieu d’une pelouse, dans un quartier de Zurich au passé industriel et doit contribuer à la formation du visage urbain et assuré du nouveau quartier planifié. L’utilisation est verticale, le bâtiment, haut de 33 mètres, s’élève sur une superficie aussi réduite que possible; à son sommet domine une triple salle de gymnastique. Ainsi, l’espace vert qui l’entoure est autant que possible conservé, ce qui est souligné encore par la suppression des limites visuelles entre le rez-de-chaussée et l’espace extérieur.

La structure porteuse consiste en un système de treillis empilés et suspendus. Deux treillis de la hauteur de 3 étages reposent au rez-de-chaussée sur 6 poteaux à trois branches à hauteur d’étage et portent 2 treillis disposés en sens perpendiculaire sur lesquels repose la salle de gymnastique et auxquels les étages inférieurs sont suspendus. Ainsi, le rez-de-chaussée et le quatrième étage semblent sans appui depuis l’extérieur. Les locaux ne sont séparés de l’extérieur que par une enveloppe continue en verre. De cette façon, tout le bâtiment d’école est exempt de murs massifs. Toutefois, les planchers sont en béton et contiennent toutes les installations, ce qui constitue un défi pour la technique du bâtiment et pour la statique.

Toute la structure porteuse est partout apparente et tangible, l’équilibre des forces est révélé en toute franchise. La force de ce projet est dans l’approche innovante de l’empilement de surfaces d’affectation différente et – en rapport à cela – l’application exigeante de la statique. Forme et structure constituent une unité, alors que les frais en conception et réalisation seraient justifiés à titre d’expérience. En raison de son caractère expressif et exceptionnel, le Jury récompense ce projet par le Prix Acier 2009.

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